Invité de la deuxième heure de Houna Shems, mercredi 11 octobre 2017, le député du Front Populaire à l’assemblée, Aymen Aloui, a dénoncé l’absence d’une vision stratégique du gouvernement par rapport au projet de loi des finances 2018.

« Il y a un discours technique comme si le pays était une entreprise et comme si on n’avait pas besoin de réformes… ce gouvernement ne prend pas en compte les revendications de la Révolution en reprenant le même système », a déclaré Aymen Aloui.

Concernant la conférence de presse du Front Populaire sous le titre « la guerre contre le peuple », Aymen Aloui  a fait savoir que cette conférence vise à  présenter les projets du parti pour faire face à la crise actuelle. 

« La Tunisie a des engagements envers le FMI pour appliquer des réformes douloureuses qui vont mettre à mal la souveraineté et les ressources du pays et on s’attend à ce que cela soit se reflète dans le projet de loi de finances 2018 », a déclaré le député du Front Populaire.

Le Front Populaire est composé par plusieurs partis nationalistes et de gauche qui sont connus pour leur militantisme contre la dictature et dont certains leaders ont été assassinés après la Révolution, a fait savoir Aymen Aloui. Ces partis ne sont pas prêts à faire des concessions, a-t-il déclaré. « Nous avons quelques difficultés liées à la discipline de nos militants que nous invitons à s’inscrire davantage dans le projet du Front Populaire ».

Interrogé à propos de la position du Front Populaire dans les sondages, le député a fait savoir qu’ils ne disposent pas, à l’instar des autres partis, des moyens nécessaires pour être en tête. 

A propos des déclarations du vice-président d’Ennahdha, Ali Lâarayedh, qui a accusé le porte-parole du Front Populaire de n’avoir aucun projet à part la lutte contre Ennahdha à présenter. « Je ne pense pas que les Tunisiens puissent croire qu’Ennahdha puissent lutter contre la pauvreté et le terrorisme… cet homme est un criminel quand on voit ce qu’il a fait », a déclaré Aymen Aloui.

Le député Front Populaire a rappelé qu’ils n’ont pas été contre la tenue des municipales le 17 décembre 2017 à condition que le climat soit propice à la tenue des élections. « Nous avons constaté que le climat n’était pas favorable aux élections le 17 décembre 2017 comme la plupart  des partis politiques », a déclaré Aymen Aloui.  « Aujourd’hui nous réclamons un calendrier qui nous permettra d’aller jusqu’au 25 mars et nous constatons qu’il y a une volonté pour perturber le travail de l’ISIE, changer le système politique ainsi qu’une instrumentalisation de l’administration ».

En matière de lutte contre la corruption, Aymen Aloui a rappelé que la plupart des leaders du Front Populaire ont salué l’initiative du chef du gouvernement dans ce sens. « On souhaite seulement qu’il ne s’agit pas d’un règlement de compte ou d’une recherche d’un coup d’éclat pour monter dans les sondages »,  a-t-il déclaré. Aloui a ajouté qu’aujourd’hui il s’est avéré que c’est un règlement de compte et que ce n’est pas une guerre contre la corruption. « Les familles les plus riches et les contrebandiers restent libres et certains sont même dans des partis politiques à savoir Nidaa Tounes et Ennahdha ».

La volonté politique manque dans la lutte contre le gouvernement  « il faut être prêt à faire des sacrifices pour affronter la corruption.