Invité de la deuxième heure de Houna Shems, jeudi 12 octobre 2017, l’expert économique Walid Ben Salah a annoncé que le projet de loi de Finances 2018 sera soumis prochainement au conseil des ministres où certains ministres vont le découvrir pour la première fois.

Ben Salah a fait savoir que la première copie de ce projet de loi stipule plusieurs augmentations des prix et des taxes qui vont toucher l’ensemble des couches sociales. « La TVA va augmenter ainsi que les impôts y compris pour ceux qui ne touchent que le SMIG », a déclaré l’expert économique.

Concernant les solutions alternatives, Walid Ben Salah a regretté que le budget de l’Etat soit géré avec un certain amateurisme « à chaque fois on compte les recettes et les dépenses et on cherche à augmenter les impôts pour alimenter le déficit ».

L’invité de Houna Shems a rappelé que le budget de 2017 n’a pas été respecté « Les charges de la masse salariale avait été sous-estimée… 600 milliards n’ont pas été pris en compte et vont ajouter une charge supplémentaire pour le budget de 2018 ». Concernant le récent communiqué de presse du FMI annonçant une réduction du déficit budgétaire à venir après la visite d’une délégation en Tunisie, Walid Ben Salah a annoncé que ce qui a été fuité du projet de loi de finances 2018 laisse entendre l’inverse « il n’y aucune volonté d’aller vers la réforme de la fiscalité ».

Le déficit budgétaire reflète la crise actuelle de l’économie nationale a estimé l’expert économique en citant la dévaluation du dinar. Dans ce contexte, l’invité de Houna Shems a fait savoir que la dévaluation du dinar actuelle a été voulue par les institutions internationales comme le FMI à cela s’ajoute l’augmentation du déficit de la balance commerciale du à l’importation anarchique. « Le déficit a atteint 1000 milliards avec la Turquie et 3000 milliards avec la Chine, selon les chiffres du mois de septembre », a déclaré Walid Ben Salah.

« Si cela continue nous allons atteindre la zone du non-retour et nous ne voyons aucune mesure prise pour réduire le déficit de la balance commerciale qui va nous rendre incapable de payer les échéances de nos dettes auprès des créanciers », a estimé Walid Ben Salah. Il a ajouté que la problématique majeure réside dans la non-application des lois et des mesures décidées dans les lois de finances des années précédentes.