Réuni hier mercredi, le Conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie (BCT) a décidé de maintenir inchangé le taux d’intérêt directeur à 6,7%.
Lors de cette réunion périodique, le Conseil de la BCT a mis l’accent sur la nécessité de retrouver la stabilité politique afin d’éviter le climat d’incertitudes qui aggrave la crise économique.

En effet, cette stabilité représente un facteur essentiel pour accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles, nécessaires pour relancer l’économie et promouvoir l’investissement.

Revenant sur les flux nets de capitaux extérieurs, le conseil a indiqué que ces flux ont permis de couvrir le déficit courant et de consolider le niveau des avoirs nets en devises qui ont atteint 20.903 MDT ou 136 jours d’importation au 27 juillet 2020 contre 16.078 MDT ou 90 jours d’importation à la même date de l’année précédente.

S’agissant des évolutions récentes du secteur extérieur, le Conseil a constaté la régression du déficit courant aux environs de 4% du PIB au premier semestre de l’année en cours, contre 5,6% pour la même période de l’année précédente.

Ce résultat est imputable principalement à la contraction de l’activité économique aux niveaux national et international, ce qui a impacté le rythme des échanges commerciaux et de l’activité touristique.

En ce qui concerne la croissance économique, la BCT a souligné qu’elle devrait connaître une forte contraction de l’ordre de 6,5%, durant l’année en cours, en relation avec la baisse de l’activité dans la plupart des secteurs, en particulier les industries exportatrices ainsi que le tourisme et le transport et, à un moindre degré, les industries non-manufacturières.
Les principaux moteurs de la croissance devraient également connaître une nette régression de leur rythme de progression, particulièrement les investissements au vu des perspectives incertaines en rapport avec la pandémie COVID-19 et la consommation privée, en plus de la contraction du volume des échanges commerciaux avec l’extérieur.

D’après la BCT, cela est due principalement au repli de la demande dans la Zone Euro, ainsi que la persistance des difficultés dans les secteurs extractifs, à savoir le pétrole et le phosphate.

En revanche, le Conseil a souligné le ralentissement du taux d’inflation pour revenir en juin 2020 à 5,8% en glissement annuel, contre 6,3% le mois précédent, suite à la décélération du rythme de progression des prix des produits manufacturiers et alimentaires et de ceux des services.

Pour sa part, l’inflation sous-jacente (hors produits encadrés et frais) a également connu, au cours du même mois, une baisse de son rythme d’accroissement, après avoir atteint des niveaux assez élevés durant les derniers mois, pour revenir à 5,6% contre 6% en mai 2020.