Les autorités tunisiennes devraient arrêter de mener des poursuites contre les journalistes en invoquant des lois antiterroristes, a appelé, jeudi, l’organisation humanitaire Human Rights Watch (HRW), qui dénonce le "caractère dissuasif" de la Loi antiterroriste à l’égard des journalistes tunisiens.

La déclaration, publiée sur le site WEB de l’organisation, intervient suite aux poursuites pénales engagées contre un journaliste et un blogueur en vertu de la loi antiterroriste de 2003.

Le 8 juillet 2015, les autorités judiciaires ont mis en accusation Noureddine Mbarki, rédacteur en chef de Akher Khabar online, pour avoir publié une photo de Seifeddine Rezgui, le terroriste qui avait tué 38 touristes à Sousse, descendant d’une voiture.

Le juge d’instruction avait informé Mbarki qu’il était mis en accusation en vertu de l’article 18 de la loi antiterroriste de 2003, pour entrave à l’enquête judiciaire. Ce texte prévoit une peine de 5 à 12 ans de prison.

Les autorités ont, également, arrêté le 22 juillet dernier Abdelfattah Saied, un professeur, pour avoir publié une vidéo sur sa page Facebook accusant les forces de sécurité de complicité dans l’attaque de Sousse.

"Les préoccupations compréhensibles de la Tunisie à propos de la sécurité ne devraient pas se traduire par la qualification de journalistes et de blogueurs de terroristes en raison de leurs critiques à l’égard du gouvernement ou pour avoir contesté la version officielle du gouvernement", a indiqué Eric Goldstein, responsable du bureau de Human Rights Watch (HRW) pour la région Moyen- Orient et Afrique du Nord.