"Le classement de la Tunisie sur la liste noire des pays susceptibles d’être fortement exposés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, n'est pas une sanction, il s'agit plutôt d'une opportunité d'aller vers plus de vigilance et d'efficacité dans la lutte contre le blanchiement d'argent et le financement du terrorisme. Nous allons travailler ensemble avec les autorités tunisiennes pour que le pays soit retiré d'ici l'été prochain de ce classement", a déclaré, mercredi, à Tunis, Patrice Bergamini, ambassadeur de l'Union Européenne (UE) en Tunisie.

 

Dans une déclaration aux médias tunisiens au siège de la délégation de l'UE, aux Berges du Lac, Bergamini a tenu à préciser que le vote du parlement européen n'a pas de lien avec le classement de la Tunisie sur la liste des paradis fiscaux. Il ne s'agit pas d'une sanction, ni d'une nouvelle sanction, a-t-il insisté.

 

Le parlement a pris cette décision qui transpose en droit interne, concernant le positionnement de la Tunisie par le GAFI (Groupe d'Action Financière), groupe qui travaille depuis longtemps sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Le GAFI n'est pas uniquement l'Union européenne, c'est 35 pays dont 15 pays européens et d'autres pays dont les USA, la Chine, le Japon, le Canada et autres, a expliqué l'ambassadeur de l'UE en Tunisie.

 

Il a ajouté que le GAFI a travaillé en bonne intelligence avec les responsables européens pour identifier les risques et a remis son rapport et ses recommandations le 3 novembre 2017.

 

"Il ne faut pas d'agitations médiatiques et de nervosité particulière. Cette vigilance et cette information sont là depuis le 3 novembre. Aujourd'hui, il s'agit tout simplement d'un vote du parlement européen qui est tenu, de par les législations européennes, de transposer en droit interne européen ce nouveau classement".

 

"Nous savons tous que la lutte contre la corruption, le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme sont des priorités pour la Tunisie. Nous sommes tous acquis à la nécessité d'aider et d'accompagner la Tunisie dans cette lutte. Donc, il s'agit d'une opportunité d'aller vers plus de vigilance et plus d'efficacité dans la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Il faut s'assurer que les circuits financiers ne soient pas opaques et que la création de richesses ne soit pas artificielle et qu'elle profite à l'économie de la Tunisie et à la création d'emplois", a encore déclaré le responsable européen.