La défaillance du réseau d’assainissement des eaux usées à Tazarka et Haouaria (Nabeul), en l’absence d’initiatives visant son entretien, dégrade la situation environnementale dans ces deux communes et rend la vie dure aux habitants, selon un rapport élaboré par des jeunes volontaires dans le cadre de 3e session du programme Échange des jeunes pour la justice environnementale, organisé par le FTDES (Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux) du 15 au 20 juin 2020, à Korba, du gouvernorat de Nabeul.

Le rapport explique que la dégradation allant crescendo de la situation écologique dans ces régions, est essentiellement, due au rejet incontrôlé des déchets industriels, lequel ne respecte pas les normes requises par l’ONAS, dans le réseau d’assainissement des eaux usées de la délégation de Tazarka et de la région de Saheb Jebal (Haouaria) et la défaillance même de ce réseau qui n’a pas été réhabilité ou rénové depuis longtemps.

Les déchets industriels mélangés aux boues d’épuration des eaux usées s’infiltrent ainsi, dans les quartiers résidentiels avant d’atterrir dans la lagune de Tazarka, réserve naturelle classée Ramsar et limitrophe de la mer, provoquant ainsi, une catastrophe aussi bien sanitaire qu’écologique.

La situation s’est davantage compliquée quand la station d’épuration des eaux usées de la région est tombée en panne depuis plus de 5 mois, provoquant ainsi, une pollution de l’air et une prolifération de moustiques dans les quartiers avoisinants, alors que toutes sortes d’odeurs nauséabondes, s’en dégagent, sans que cela n’interpelle la conscience des autorités compétentes, ont souligné les auteurs de ce rapport.

Le président de l’Association de l’environnement de Tazarka, Anis Kacem a évoqué, dans ce rapport, les multiples alertes lancées par la société civile quant à la gravité de la situation écologique et sanitaire dans la région, dénonçant le laisser-aller des autorités.

Il a par ailleurs, indiqué que le problème des eaux usées a commencé dans la région depuis près de 4 ans, lors de l’entrée en exploitation de la station de traitement des eaux usées en 2016 et de ses pannes répétitives qui provoquent outre la gêne subie par les habitants, une dégradation des écosystèmes et des exploitations agricoles limitrophes dont le rendement a connu une véritable régression après la mise en place de cette station.

Kacem a ainsi exhorté les autorités à intervenir en urgence pour redresser la situation et faire respecter le droit des citoyens à un environnement sain consacré par la Constitution. 

(TAP)