Les autorités tunisiennes doivent respecter l'indépendance de l'Agence Tunis Afrique Presse (TAP) et s'abstenir d'utiliser les forces de l'ordre pour s'ingérer dans les affaires de son personnel, a souligné le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Basé au Etats-Unis, le comité a estimé que l'incursion dans les locaux de l'établissement de presse par les forces de l'ordre constitue un « incident inquiétant, sans précédent, de l'intervention de la police dans les médias libres », lit-on sur sa page facebook. ".

Pour Justin Shilad, chercheur au CPJ en charge des affaires du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, le gouvernement tunisien est appelé à garantir l'indépendance du secteur des médias et ne pas imposer les décisions controversées par l'usage de la force.

« L'intervention des forces de l'ordre au sein de l'agence est inacceptable », a-t-il estimé.

Les forces de l'ordre ont fait irruption, mardi 13 avril, à l'agence TAP et agressé les employés de l'agence pour imposer, de force, l'installation de Kamel Ben Younes. Un précédent dans l'histoire du secteur.

Les employés de la TAP ont décidé d'observer une grève générale, le 22 avril 2021, avec présence sur les lieux du travail pour dénoncer la persistance de la présidence du gouvernement dans sa décision de nommer Kamel Ben Younes à la tête de leur institution.

La décision de nomination de Kamel Ben Younes à la tête de la TAP est parue au Journal officiel de la République tunisienne (JORT), le 6 avril 2021, date à laquelle le personnel de la TAP avait entamé un sit-in ouvert au siège de l'agence.

Le personnel de la TAP a clamé son refus catégorique de traiter avec Ben Younes en raison de son implication, avant la révolution, dans des atteintes à la liberté de la presse et d'expression et à l'action syndicale libre et ses tentatives de saper l'indépendance de la Ligue de défense des droits de l'Homme.

Le personnel de l'agence observe depuis 9 jours un sit-in ouvert pour protester contre la nomination de Kamel Ben Younes à la tête de l'agence. Une nomination considérée comme « ouvertement politique et partisane».