Le parquet près le tribunal de première instance de Tunis a soumis, ce mercredi, un rapport sur la vidéo publiée par le député Rached Khiari à l’unité sécuritaire compétente qui s’est saisie, depuis le début du mois d’avril courant, de l’examen du dossier concernant le financement des campagnes électorales, y compris la campagne menée par le président de la République, Kaïs Saïed, a affirmé le porte-parole du tribunal, Mohsen Daly.

Khiari avait publié, lundi soir, sur sa page Facebook, une vidéo dans laquelle il accuse le chef de l’Etat d’avoir reçu des fonds de l’étranger (parties américaines) ayant renforcé ses chances d’accéder à la magistrature suprême en 2019.

Dans une déclaration à l’agence TAP, Daly a précisé que le parquet s’est saisi depuis quelque temps, sur la base de rapports reçus d’une partie officielle, du dossier sur le financement des campagnes électorales dont la campagne du président Kais Saied évoquée dans la vidéo de Khiari.

Le parquet, a-t-il ajouté, a chargé, le 8 avril courant, l’unité sécuritaire compétente de vérifier s’il y a eu d’irrégularités dans le financement des campagnes électorales.

Le rapport établi après le visionnage de la vidéo du député en question a été soumis à la même unité sécuritaire pour l’ajouter aux données à sa disposition, a-t-il dit.

Et d’indiquer que l’unité compétente convoquera de ce fait Rached Khiari pour recevoir son témoignage des faits et présenter les éléments à l’appui de ses arguments.

A noter que la justice militaire a diligenté, mardi, une enquête sur les faits rapportés par le député Rached Khiari, a confié à la TAP le directeur de la campagne électorale de Saïed, Faouzi Daâs. Ce dernier a indiqué avoir été convoqué par le parquet en tant que témoin. Il a été cité dans la vidéo publiée par Khiari qui l’accuse d’avoir reçu des virements de l’étranger et affirme détenir des preuves dans ce sens.

En novembre dernier, Fadhila Gargouri, présidente de la Chambre à la Cour des comptes a affirmé que les contrôles menés sur les campagnes électorales du double scrutin présidentiel et législatif de l’année 2019, ont permis de constater des infractions liées aux états financiers des candidats, à la légitimité des financements et dépenses, et le respect du décret-loi n 87, portant organisation des partis politiques. 

(TAP)