Le bureau exécutif du mouvement Ennahdha a dénoncé les discours de « trahison » multipliés par le président Kaïs Saïed, mettant en garde contre toute instrumentalisation de l’institution militaire à des fins politiques.
Le bureau réagit aux propos proférés par le président Kaïs Saïed en présidant, lundi dernier, au palais de Carthage, la réunion du Conseil supérieur des armées.

« Au lieu de respecter sa mission telle que définie par la Constitution, le chef de l’Etat s’emploie à associer l’institution militaire dans la vie publique », accuse le bureau d’Ennahdha.

Dans un communiqué rendu public à l’issue de la réunion de son bureau exécutif, le mouvement a fustigé des « pressions » exercées par le président de la République sur la justice et des menaces d’émettre des décrets présidentiels pour faire une « mainmise sur les rouages ​​de l’État et par la même, « se débarrasser de ses opposants ».

« Il s’agit d’une violation criante des dispositions de la Constitution », s’est indigné le mouvement, critiquant un mutisme total envers des infractions commises par le président Kaïs Saïed et qui ont été relevées dans le rapport général de la Cour des comptes.

Pour Ennahdha, les politiques du président Kais Saied ont conduit la Tunisie un isolement international. « A cause du coup d’État, la Tunisie est devenue isolée sur la scène régionale et internationale, regrette le mouvement dans son communiqué.

En revanche, Ennahdha a critiqué les récentes mises à la retraite obligatoire et les nominations de responsables et gouverneurs, estimant qu’il s’agit de nominations faites « sur la base de la loyauté personnelle, et rien d’autre », selon le texte du communiqué.


Par ailleurs, Ennahdha a dénoncé la menace proférée contre le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail, et la récente tentative d’attaque devant le siège du ministère de l’Intérieur, mettant en garde contre des campagnes de dénigrement le visant.