Mercredi 26 janvier 2022 coïncide avec le 44ème anniversaire du « jeudi noir », qui marque l’affrontement le plus dur entre le gouvernement de Hedi Nouira et l’Union Générale Tunisienne du Travail UGTT que dirigeait Habib Achour.
Le 26 janvier 1978, la première grève générale organisée depuis l'indépendance avait paralysé le pays, suite à une crise entre le gouvernement et les syndicats. La rentrée 1977 avait été particulièrement tendue ; des grèves et des mouvements de protestation avaient explosé un peu partout dans le pays, contre la loi 72-38 du 27 avril 1972.
Le comité central du Parti Socialiste Destourien avait voté le 20 janvier une résolution réclamant « l’épuration » de l’UGTT de ses « éléments perturbateurs ».
Le 24 janvier, l’arrestation du secrétaire général de la section régionale de l’UGTT à Sfax, Abderrazak Ghorbal, avait poussé Habib Achour à appeler à la grève générale devant une foule réunie sur la place Mohamed Ali à Tunis.
La première du numéro spécial du journal ''Al Châab'', organe officiel de l’UGTT, paru le 25 janvier 1978, avait annoncé la grève générale pour le 26 janvier 1978.
Le jeudi 26 janvier 1978, au début de la matinée, il y a eu à Tunis des manifestations. Des balles réelles ont été tirées sur les manifestants. Le bilan officiel fait état de 52 morts et 365 blessés.
Dans l'après-midi, vers 14h, Habib Bourguiba décrète l'état d'urgence, qui ne sera levé que le 25 février, et un couvre-feu à Tunis et sa banlieue qui dure pour sa part jusqu'au 20 mars.