« Le dispositif de soins mis en place serait dépassé si le nombre de nouvelles personnes infectées par le SRAS-CoV-2 détectées par jour était compris entre environ 1300 et 1600 », c’est ce qui ressort d’une étude publiée jeudi par l’Institut Tunisien des Etudes stratégiques intitulée « LA TUNISIE FACE À LA COVID-19 À L’HORIZON 2025 ».

Nissaf Ben Alaya, la directrice générale de l’observatoire national des maladies nouvelles et émergentes, avait signalé mercredi dernier lors d’une conférence de presse que la Tunisie enregistre actuellement environ 1200 nouveaux cas par jour.

L’étude de l’ITES réalisée à l’attention du Président de la République, souligne que la pandémie de la Covid-19 a révélé les limites de notre système de santé et l’urgence de le réformer.

Il est important de noter que le devenir de l’épidémie à court terme est en grande partie entre les mains des citoyens, dans leur comportement et leurs attitudes, et qu’elle est tributaire de la bonne réactivité du système de santé face aux crises et catastrophes de toute nature, souligne l’étude.

 

L’étude prévoit deux scénarios du développement de l’épidémie en Tunisie. Il s’agit d’un scénario optimiste maîtrisable et un scénario catastrophe, marqué par l’arrivée d’une seconde vague massive, au début de l’hiver 2020, suite à la multiplication non maîtrisée de foyers locaux de transmission, aggravée par l’arrivée de la saison des virus respiratoires (co infection grippe, VRS, etc.), de la bronchiolite et de la gastro-entérite de l’enfant.

Quel que soit le scénario envisagé, un ensemble de mesures sont préconisées afin d’aboutir à la résilience du système et le contrôle effectif de l’épidémie. Toutes ces mesures nécessitent le financement adéquat et le réajustement de la gouvernance de l’épidémie, indique l’étude.

Parmi les mesures proposées, il s’agit d’optimiser l’usage des tests, cibler les populations vulnérables et accepter le principe de la cohabitation avec la SRAS-CoV-2.

Il convient aussi de prévenir la transmission du SRAS-CoV-2 par le respect des mesures barrières et des protocoles sanitaires établis et par une communication interne et externe qui habilite et qui responsabilise.

 

Selon l’étude, il est important d’adapter l’organisation et le fonctionnement du système de soins pour continuer à fournir des services de santé efficaces, basés sur une première ligne publique et privée de proximité et des hôpitaux de recours préparés à la gestion des cas de Covid-19 tout en continuant leurs activités habituelles destinées aux autres malades.

L’accent est mis également sur la nécessité d’assurer la disponibilité en lits de réanimation et en lits dédiés aux malades Covid-19, en équipements, en dispositifs médicaux et en médicaments.

(TAP)